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Fin de vie : vers une aide à mourir en France
Emmanuel Macron a dévoilé dimanche son "modèle français de la fin de vie", qui doit permettre à certains patients, selon des "conditions strictes", de recevoir une "substance létale". Il y a un an, quasiment jour pour jour, le journal de 20h de TF1 avait publié le témoignage poignant de Nicolas Menet qui, atteint d'un cancer incurable, avait organisé sa fin de vie en France. L'Ardéchois de 44 ans avait choisi d'être plongé dans un coma irréversible, une sédation profonde déjà prévue par la loi. Pour aider à son tour d'autres patients et enrichir les débats parlementaires sur la fin de vie, ce dernier avait tenu à partager son parcours avant de mourir dans un ouvrage intitulé "Faire le deuil de soi" aux éditions Le Cherche Midi, ainsi que dans une lettre destinée aux parlementaires et à Emmanuel Macron.
Celui qui rêvait d'entrer en politique et de devenir député y avait même développé différents amendements, en prévision, expliquait-il, d'une éventuelle modification de la loi actuelle. "J'espère vraiment qu'ils vont lire [ce dossier] et l'entendre. Ce n'est pas très long, cela fait vingt pages", souriait-il dans notre reportage, que nous vous proposons de revoir dans la vidéo en tête de cet article. "Je pense qu'ils vont y arriver, et en tout cas, je leur ai donné plein d'idées, plein de sources d'inspirations pour les aider à faire cette loi", poursuivait-il, estimant que l'important est que chaque citoyen puisse s'approprier sa fin de vie.
En planifiant en amont les étapes de son départ, Nicolas Menet disait avoir découvert que peu de Français connaissaient la loi sur la fin de vie. "J'ai découvert cette loi en me disant que c'était extraordinaire qu'on ait un tel arsenal législatif en France. Mais ce n'est pas connu, c'est parfois même mal connu par certains professionnels de santé. C'est aussi mal connu par la population. La mort est mal connue, elle disparait de nos sociétés", soulignait-il encore face à notre équipe, qui avait pu le suivre pendant deux jours, quelques semaines avant son décès.
Si la loi sur la fin de vie prévoit certains dispositifs, notamment sur les soins palliatifs, celui se savait atteint d'un glioblastome de type 4 pointait le fait que le nombre de places en soins palliatifs était nettement insuffisant par rapport au nombre de patients malgré la législation. Dans ce contexte, il s'estimait très chanceux d'avoir pu trouver une unité hospitalière proche de chez lui. "Dans mon cas, c'est très rassurant, parce que je vais pouvoir finir ma vie dans mon village. Si on pouvait généraliser cela à toute la France, ce serait extraordinaire", confiait-il.
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Quelques jours après sa mort, c'est dans une vidéo publiée par son mari que le sociologue et auteur s'adressait à nouveau au président de la République et aux législateurs, pour partager son projet. "Je m'adresse à vous en tant que futur défunt", introduisait-il. "Je voudrais vous dire tout ce dont j'ai bénéficié, mais aussi ce qui m'a manqué. Avant de vous quitter, je me permettrai de vous faire quelques propositions. Je ne pense pas que ces débats doivent être réduits à la dichotomie entre liberté et vie ou à celle de la dignité et de l'abandon."
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